Le vieux
Derrière ses yeux doux
le regard d'un chien fou
écumant sa rage en ne mordant plus dans la vie
dévorant les restes d'après-midi solitaires
en compagnie de louves édentées
Il arpente les corridors de la sénélité
croupissant dans le foyer des miasmes humains
aucune trace dans sa mémoire
de sa bohème trépassée
Du fiel plein la bouche
n'en rajoutez plus la couche est pleine
c'est la terreur du centre
le dentier aux canines acérées
Une sale peau un rire sadique
la voix grave catarrheuse
la rognure d'humanité le sous-genre
crache sa hargne
à ceux qui l'ont honni
Là-bas au foyer du feu dans les yeux
le vieux attend la mort
la mort
ou des nouvelles de sa famille
samedi, octobre 30, 2004
vendredi, octobre 29, 2004
Velléités
Aujourd'hui, j'ai vraiment envie d'écrire.
Je vais prendre mes couilles à deux mains et retrousser mon manche. Ce sera peut-être une nouvelle érotique...
Je vais prendre mes couilles à deux mains et retrousser mon manche. Ce sera peut-être une nouvelle érotique...
jeudi, octobre 28, 2004
Écriture automatique tac toe
hier soir de toute manière
j'étais liquide et ailleurs
- Tony Tremblay, rue pétrole-océan, p.31
Dunn's
centre-ville moribond tranquille ce soir
un coke fontaine me gruge les gencives
le crayon à la main
le gras du bovin dans l'autre
un espoir de lucidité dans la troisième
polyvalence des sens atrophiés
remettre à trois mains ce qui ne peut attendre
pendant que Bennett chante ou pleure je ne sais
Tony truand Tremblay se laisse lire magnanime
absence retour se fondre en marge en page
échos de vaisselle je n'ai même pas faim
ma nourriture est d'encre
seigle en fuite mes doigts huileux
ça dégouline sur le crayon
je mange comme j'écris
de la main gauche
qui enfourne les patates bouchons
les artères malades les veines en sang
bouche molle automate
(pause)
j'éructe
nouveau décor ambiance d'un or gris
les clients ne pullulent pas
seul con comme un sac de roches
au milieu des jambes qui s'échinent
à ne pas danser
Tony t'es où
tiens pour peu je t'appellerais
mais t'es déjà là
te lire en la cité des pétroleuses
l'ironie se marre
l'incongru avance mais je suis assis
Eminem n'est pas content
la fausseté ici me rassure
le cercle des fermières se referme
arrive un sourire sur des talons hauts
- hi you beautiful
- me manque 10 $ pour vous aimer madame
comment allez-vous
sourire vampire devenu brume
clac clac les talons me tournent le dos
Chateau du sexe
l'illusion est totale
je me crois en Espagne
voyage en souvenance
du temps des mouvements
dans la peur ou l'attente
de la schizophrénie
j'étais liquide et ailleurs
- Tony Tremblay, rue pétrole-océan, p.31
Dunn's
centre-ville moribond tranquille ce soir
un coke fontaine me gruge les gencives
le crayon à la main
le gras du bovin dans l'autre
un espoir de lucidité dans la troisième
polyvalence des sens atrophiés
remettre à trois mains ce qui ne peut attendre
pendant que Bennett chante ou pleure je ne sais
Tony truand Tremblay se laisse lire magnanime
absence retour se fondre en marge en page
échos de vaisselle je n'ai même pas faim
ma nourriture est d'encre
seigle en fuite mes doigts huileux
ça dégouline sur le crayon
je mange comme j'écris
de la main gauche
qui enfourne les patates bouchons
les artères malades les veines en sang
bouche molle automate
(pause)
j'éructe
nouveau décor ambiance d'un or gris
les clients ne pullulent pas
seul con comme un sac de roches
au milieu des jambes qui s'échinent
à ne pas danser
Tony t'es où
tiens pour peu je t'appellerais
mais t'es déjà là
te lire en la cité des pétroleuses
l'ironie se marre
l'incongru avance mais je suis assis
Eminem n'est pas content
la fausseté ici me rassure
le cercle des fermières se referme
arrive un sourire sur des talons hauts
- hi you beautiful
- me manque 10 $ pour vous aimer madame
comment allez-vous
sourire vampire devenu brume
clac clac les talons me tournent le dos
Chateau du sexe
l'illusion est totale
je me crois en Espagne
voyage en souvenance
du temps des mouvements
dans la peur ou l'attente
de la schizophrénie
mercredi, octobre 27, 2004
Patati E.T. Patata
La lecture du dernier billet de Douceophélie m'a rappelé comme les enfants sont méchants entre eux.
Disons que d'un point de vue personnel, j'ai été chanceux à l'école. Je me débrouillais académiquement et tirais mon épingle du jeu aux jeux. Ni cancre ni quart-arrière-débile-adulé-par-les-nymphettes-en-mal-d'hormones, donc. Tous n'ont pas eu cette chance. Un défaut de langage, de mauvaises notes, un physique ingrat, les différents étaient vite têtedeturqués.
Les parias se rassemblaient pour mieux se défendre des ricanements des cons et les cons...ben... ça se tient en gang. Moi, j'étais entre les deux ; bizarrement, on m'acceptait dans chacun des groupes. Ça me permettait d'aller chercher mon méritas sans recevoir une tomate et de jouer au con avec les cons sans trahir les autres. Dans ceux-ci, il y avait mes amis E.T. et Patate.
Le premier devait son surnom à son visage plat qui tenait plus d'un hybride entre une assiette et Mère Théresa (Agnès Gonxha Bajaxhiu de son vrai nom), ainsi qu'au reste de son corps aussi mince et long que le cou de la mascotte à Spielberg. Tandis que Patate était gras comme un violeur inactif, bien entendu. Les deux faisaient systématiquement l'objet des sarcasmes infantiles, le plus souvent catalysés par le grand brandisseur de la bannière des cons, la Terreur, Eric Meiss. Je le nomme, il n'a pas encore appris à lire, alors...
Parler d'eux, en prendre la peine, c'est de raconter la revanche des nerds.
Un jour que nous jouions au ballon-chasseur pendant la récrée, une escarmouche a éclaté entre la Terreur et E.T. Chicane de ballon, comme d'hab. Un lancer vicieux de la part du grand en pleine face de Phone-Home, qui l'avait déjà assez plate comme ça. Boum ! voilà E.T. sur la fesse (sic).
Rires gras.
Mais contrairement à son habitude, le nerd s'est relevé.
«- Toé, mon esti, tu vas arrêter de me niaiser !
- Viens-t'en ti-cul...»
Rires moins gras, cette-fois. Personne de mémoire de primaire n'avait jamais osé défier le grand Meiss.
D'un bond, les mollets pleins d'une energie emmagasinée durant des années de frustration, E.T. se rua sur son adversaire.
Le taureau pendant la castration.
C'est toute la colère du juste qui atterrit sur le pif de la Terreur. D'un unique coup de poing, le monstre fut vaincu. Sonné.
Afin de l'achever, Patate, par souci participatif, alla se munir dans le parc d'une belle crotte de chien, encore toute fraîche, qu'il prit un malin plaisir à écraser dans la face du perdant, toujours groggy.
À partir de ce jour, la Terreur est devenu Ballon-Chiasseur.
J'étais très fier de mes amis.
P.S. : Aujourd'hui, E.T. est président d'une compagnie prospère et Patate a perdu son gras de bébé pour devenir un athlète de 6'4" que l'on a pu voir évoluer aux Jeux Olympiques.
Eric Meiss est en prison.
Moi, je suis toujours dans le milieu.
Disons que d'un point de vue personnel, j'ai été chanceux à l'école. Je me débrouillais académiquement et tirais mon épingle du jeu aux jeux. Ni cancre ni quart-arrière-débile-adulé-par-les-nymphettes-en-mal-d'hormones, donc. Tous n'ont pas eu cette chance. Un défaut de langage, de mauvaises notes, un physique ingrat, les différents étaient vite têtedeturqués.
Les parias se rassemblaient pour mieux se défendre des ricanements des cons et les cons...ben... ça se tient en gang. Moi, j'étais entre les deux ; bizarrement, on m'acceptait dans chacun des groupes. Ça me permettait d'aller chercher mon méritas sans recevoir une tomate et de jouer au con avec les cons sans trahir les autres. Dans ceux-ci, il y avait mes amis E.T. et Patate.
Le premier devait son surnom à son visage plat qui tenait plus d'un hybride entre une assiette et Mère Théresa (Agnès Gonxha Bajaxhiu de son vrai nom), ainsi qu'au reste de son corps aussi mince et long que le cou de la mascotte à Spielberg. Tandis que Patate était gras comme un violeur inactif, bien entendu. Les deux faisaient systématiquement l'objet des sarcasmes infantiles, le plus souvent catalysés par le grand brandisseur de la bannière des cons, la Terreur, Eric Meiss. Je le nomme, il n'a pas encore appris à lire, alors...
Parler d'eux, en prendre la peine, c'est de raconter la revanche des nerds.
Un jour que nous jouions au ballon-chasseur pendant la récrée, une escarmouche a éclaté entre la Terreur et E.T. Chicane de ballon, comme d'hab. Un lancer vicieux de la part du grand en pleine face de Phone-Home, qui l'avait déjà assez plate comme ça. Boum ! voilà E.T. sur la fesse (sic).
Rires gras.
Mais contrairement à son habitude, le nerd s'est relevé.
«- Toé, mon esti, tu vas arrêter de me niaiser !
- Viens-t'en ti-cul...»
Rires moins gras, cette-fois. Personne de mémoire de primaire n'avait jamais osé défier le grand Meiss.
D'un bond, les mollets pleins d'une energie emmagasinée durant des années de frustration, E.T. se rua sur son adversaire.
Le taureau pendant la castration.
C'est toute la colère du juste qui atterrit sur le pif de la Terreur. D'un unique coup de poing, le monstre fut vaincu. Sonné.
Afin de l'achever, Patate, par souci participatif, alla se munir dans le parc d'une belle crotte de chien, encore toute fraîche, qu'il prit un malin plaisir à écraser dans la face du perdant, toujours groggy.
À partir de ce jour, la Terreur est devenu Ballon-Chiasseur.
J'étais très fier de mes amis.
P.S. : Aujourd'hui, E.T. est président d'une compagnie prospère et Patate a perdu son gras de bébé pour devenir un athlète de 6'4" que l'on a pu voir évoluer aux Jeux Olympiques.
Eric Meiss est en prison.
Moi, je suis toujours dans le milieu.
mardi, octobre 26, 2004
Quelqu'un, c'est bien ; mais deux, c'est mieux !
Je me suis surpris à penser aujourd'hui que toutes nos pensées et actions tendaient invariablement vers le même but : trouver l'âme sœur. Coûte que coûte, le plus tôt sera le mieux. Comme si dans l'ABC du bonheur, en alinéa 1, était inscrite en lettres de feu l'obligation de vivre à deux.
Génétique ? Manger, s'abriter, dormir, se matcher ? Un réflexe de survie, quoi, égoïste.
Sommes-nous esclaves d'une telle quête, avec un boulet à traîner dans la course folle, notre propre âme.
Que de drames, que de mots sur l'amour, ce sentiment que nous nommons pour faire bonne figure, quand il ne s'agit que de cacher son impuissance à vivre en solitaire dans la foule.
Trop pissous pour vivre seuls, quand vient le temps des monstres sous le lit, l'on sent le besoin de communiquer notre pétoche à quelqu'un d'autre, pour se rassurer. Idéalement, une personne plus peureuse que soi pour qui nos bras se feront puissance et réconfort. Sentiment fugace d'invulnérabilité en pied de nez factice aux autres pleutres.
Les boucliers ne saignent pas.
Génétique ? Manger, s'abriter, dormir, se matcher ? Un réflexe de survie, quoi, égoïste.
Sommes-nous esclaves d'une telle quête, avec un boulet à traîner dans la course folle, notre propre âme.
Que de drames, que de mots sur l'amour, ce sentiment que nous nommons pour faire bonne figure, quand il ne s'agit que de cacher son impuissance à vivre en solitaire dans la foule.
Trop pissous pour vivre seuls, quand vient le temps des monstres sous le lit, l'on sent le besoin de communiquer notre pétoche à quelqu'un d'autre, pour se rassurer. Idéalement, une personne plus peureuse que soi pour qui nos bras se feront puissance et réconfort. Sentiment fugace d'invulnérabilité en pied de nez factice aux autres pleutres.
Les boucliers ne saignent pas.
lundi, octobre 25, 2004
Prière du macho
Mesdames,
Puisse le ciel s'il existe
m'accompagner dans ma quête
et m'indiquer le chemin
vers des valeurs plus pures
Je ne sais si un jour
grâce à de divins augures
je pourrai laver votre honneur
belles que j'ai souillées
Que ne faut-il d'inspirations
pour exhaler en un souffle
les habitudes incrustées
depuis l'enfance qu'on dit tendre
Et saurai-je bannir de mon esprit
les avanies commises
au nom d'un dieu
que je croyais être
La fatuité m'a égaré
comme elle perd les plus nobles
et vous offrir réparation
me semble aveu de courage
Sachez que je regrette
des tréfonds de mon âme
ces transports qui m'ont valu
d'être éloigné de votre grâce
Aussi me redonneriez-vous
l'espoir qu'un jour béni
je puisse attendre de vous
la miséricorde des justes
Ce serait m'obliger grandement
que d'accepter les plates excuses
d'un repentant sincère
qui ne vous mérite pas
Je ne saurai trouver le repos
tant que votre main menue
n'éloignera cette menace
d'un poignard sur mon coeur
Aussi vous enjoins-je à genoux
de consentir à accorder
au satyre que je suis
un pardon redempteur
P.S. :
Veuillez mesdames en toute candeur
Agréer l'expression ricaneuse
De ma bite turgescente
Qui ne se lasse de vous aimer...
Puisse le ciel s'il existe
m'accompagner dans ma quête
et m'indiquer le chemin
vers des valeurs plus pures
Je ne sais si un jour
grâce à de divins augures
je pourrai laver votre honneur
belles que j'ai souillées
Que ne faut-il d'inspirations
pour exhaler en un souffle
les habitudes incrustées
depuis l'enfance qu'on dit tendre
Et saurai-je bannir de mon esprit
les avanies commises
au nom d'un dieu
que je croyais être
La fatuité m'a égaré
comme elle perd les plus nobles
et vous offrir réparation
me semble aveu de courage
Sachez que je regrette
des tréfonds de mon âme
ces transports qui m'ont valu
d'être éloigné de votre grâce
Aussi me redonneriez-vous
l'espoir qu'un jour béni
je puisse attendre de vous
la miséricorde des justes
Ce serait m'obliger grandement
que d'accepter les plates excuses
d'un repentant sincère
qui ne vous mérite pas
Je ne saurai trouver le repos
tant que votre main menue
n'éloignera cette menace
d'un poignard sur mon coeur
Aussi vous enjoins-je à genoux
de consentir à accorder
au satyre que je suis
un pardon redempteur
P.S. :
Veuillez mesdames en toute candeur
Agréer l'expression ricaneuse
De ma bite turgescente
Qui ne se lasse de vous aimer...
Silences
Silence, j'écoute
le vent dans les feuilles
la blatte qui s'enfuit
les voitures qui pètent
la voisine qui pisse
Silence, j'entends
le réfrigérateur frileux
le calorifère en chaleur
les acariens se battant pour ta peau
toujours la voisine qui pisse
Silence, j'apprends
l'émotion qui suinte
ton orgasme qui se retient
le mien qui s'en va
la pisseuse qui voisine
Silence, j'imagine
les grillons qui carillonnent
un jour se levant
la nuit qui s'efface
la pisseuse qui s'essuie
Silence
le lit est plein
de petits silences
qui bourdonnent en vacarme
dans mes musées de cire
Silence
l'eau part en chasse
le vent dans les feuilles
la blatte qui s'enfuit
les voitures qui pètent
la voisine qui pisse
Silence, j'entends
le réfrigérateur frileux
le calorifère en chaleur
les acariens se battant pour ta peau
toujours la voisine qui pisse
Silence, j'apprends
l'émotion qui suinte
ton orgasme qui se retient
le mien qui s'en va
la pisseuse qui voisine
Silence, j'imagine
les grillons qui carillonnent
un jour se levant
la nuit qui s'efface
la pisseuse qui s'essuie
Silence
le lit est plein
de petits silences
qui bourdonnent en vacarme
dans mes musées de cire
Silence
l'eau part en chasse
dimanche, octobre 24, 2004
Le coeur aiguillé
Au coin d'une rue sans visage, une ingénue trop fardée distribue des caresses malhabiles. Fille de joie : elle pleure.
La pute défait le trottoir, perdue dans un chagrin qu'elle se tue à assassiner, son ventre égorgeant un son prisonnier. Errante arpentant la salle des pas perdus, elle attend que passe le train de sa mémoire.
Le coeur aux objets perdus, en charpie, plein d'éclats de verre pilé, elle se pile sur le coeur, s'écoeure.
Jusqu'au prochain client, l'archange annonciateur de la venue du fix de Dieu.
Christ !
La pute défait le trottoir, perdue dans un chagrin qu'elle se tue à assassiner, son ventre égorgeant un son prisonnier. Errante arpentant la salle des pas perdus, elle attend que passe le train de sa mémoire.
Le coeur aux objets perdus, en charpie, plein d'éclats de verre pilé, elle se pile sur le coeur, s'écoeure.
Jusqu'au prochain client, l'archange annonciateur de la venue du fix de Dieu.
Christ !
Croisades
Allons pugnaces au-devant de l'amour
Haranguaient des chevaliers optimistes
Avant de se voir revenir en manque
Qui d'un bras qui d'un sexe qui d'un coeur
Pugilistes meurtris d'un combat inégal
Où portent les coups bas
Haranguaient des chevaliers optimistes
Avant de se voir revenir en manque
Qui d'un bras qui d'un sexe qui d'un coeur
Pugilistes meurtris d'un combat inégal
Où portent les coups bas
jeudi, octobre 21, 2004
Lettre au présent imparfait
On s'en fait-y un ? qu'avait demandé papa par un soir de grand froid qui vous mordait les fesses. Et toi, naturellement, tu avais souri des lèvres et des jambes, simplement heureuse que le petit con prenne enfin de la graine. Il est lent parfois, papa, mais il finit toujours par comprendre.
Oh, je ne veux pas faire de chichis, l'idée était bonne, je vous l'accorde...
Merci d'avoir pensé à moi !
Mais à quoi il pense, le grand fafouin comico-cosmique, des fois je vous jure...
T'inventes l'eau, l'air, les fleurs, puis des trucs tout croche comme moi. À croire qu'il aurait fait un cauchemar le dimanche en se reposant. Pas fort Big-Bonhomme ! On ne se dit pas Dieu comme ça sans prendre de précautions, faut pas lésiner ! À son image, quelle connerie, oui !
Je me voyais déjà faire la grasse matinée de la vie, gazouiller, apprendre à marcher, à lire, à jouer du trombone, faire l'amour (hihi, ça, ça a l'air le fun !), être heureux, quoi. Me semble que je n'en demandais pas beaucoup.
Et puis le grand monsieur en blanc qui vient faire son savant pour épater la galerie avec ses mots qui ne sont que dans son dictionnaire à lui, avec sa grande oreille à écouter ton coeur en chamade. "Rien n'est sûr. On va faire des tests", tellement de tests que ça prend une batterie... Et viens que je t'ausculte de ta dignité, que je te triture (même s'il est gentil, ça fait mal, je le sens. Mais tu ne te plains jamais, tu es forte !)
Puis les résultats, toujours les mêmes... toujours les mêmes qui ont tout, oui ! Moi, il l'a dit le grand monsieur en blanc, je n'aurai jamais rien. Déjà qu'il me manque des bouts, je ne verrai jamais la lumière à celui du tunnel. Et finalement, il te conseille fortement de mettre fin à ma vie, alors que tout ton corps et ton coeur n'auront jamais autant désiré que de me la donner. Et je t'en remercie. Et te remercie de ta décision.
Tu voulais veiller sur moi toute ta vie, et voilà qu'un grain de sable dans la machine vient tout bousiller, voilà que maintenant ce sera à moi de veiller sur toi du haut de mon nuage, sur toi et sur papa, puis sur futur frérot et future soeurette ; parce que tu n'as pas à supporter le poids de l'injustice, parce que tu m'aimes et que je t'aime. Parce que tu m'aimes. Merci maman.
- ton 'tit-ange
Oh, je ne veux pas faire de chichis, l'idée était bonne, je vous l'accorde...
Merci d'avoir pensé à moi !
Mais à quoi il pense, le grand fafouin comico-cosmique, des fois je vous jure...
T'inventes l'eau, l'air, les fleurs, puis des trucs tout croche comme moi. À croire qu'il aurait fait un cauchemar le dimanche en se reposant. Pas fort Big-Bonhomme ! On ne se dit pas Dieu comme ça sans prendre de précautions, faut pas lésiner ! À son image, quelle connerie, oui !
Je me voyais déjà faire la grasse matinée de la vie, gazouiller, apprendre à marcher, à lire, à jouer du trombone, faire l'amour (hihi, ça, ça a l'air le fun !), être heureux, quoi. Me semble que je n'en demandais pas beaucoup.
Et puis le grand monsieur en blanc qui vient faire son savant pour épater la galerie avec ses mots qui ne sont que dans son dictionnaire à lui, avec sa grande oreille à écouter ton coeur en chamade. "Rien n'est sûr. On va faire des tests", tellement de tests que ça prend une batterie... Et viens que je t'ausculte de ta dignité, que je te triture (même s'il est gentil, ça fait mal, je le sens. Mais tu ne te plains jamais, tu es forte !)
Puis les résultats, toujours les mêmes... toujours les mêmes qui ont tout, oui ! Moi, il l'a dit le grand monsieur en blanc, je n'aurai jamais rien. Déjà qu'il me manque des bouts, je ne verrai jamais la lumière à celui du tunnel. Et finalement, il te conseille fortement de mettre fin à ma vie, alors que tout ton corps et ton coeur n'auront jamais autant désiré que de me la donner. Et je t'en remercie. Et te remercie de ta décision.
Tu voulais veiller sur moi toute ta vie, et voilà qu'un grain de sable dans la machine vient tout bousiller, voilà que maintenant ce sera à moi de veiller sur toi du haut de mon nuage, sur toi et sur papa, puis sur futur frérot et future soeurette ; parce que tu n'as pas à supporter le poids de l'injustice, parce que tu m'aimes et que je t'aime. Parce que tu m'aimes. Merci maman.
- ton 'tit-ange
Après neuf heurts
Comme on ne peut faire plaisir à tout le monde, un poème en cette journée grise comme le fion d'une nonne.
Mon coeur
monticule de fumier
dans un terrain vague
d'où je fais le coq
mon coeur
cubicule
empreint des murmures
de travaux inachevés
mon coeur
ridicule
cas de siège
avorté
mon coeur
testicule
enfantant le doute
dans l'impuissance
mon coeur
banlieusard de Nulle-Part
coeur accouché dehors
coeur back-order
mon coeur
tu me manques
Mon coeur
monticule de fumier
dans un terrain vague
d'où je fais le coq
mon coeur
cubicule
empreint des murmures
de travaux inachevés
mon coeur
ridicule
cas de siège
avorté
mon coeur
testicule
enfantant le doute
dans l'impuissance
mon coeur
banlieusard de Nulle-Part
coeur accouché dehors
coeur back-order
mon coeur
tu me manques
mardi, octobre 19, 2004
Les murmures ont des oreillers (2)
Tard entre les vignes : "Les carottes, c'est bon pour la santé : c'est rempli de bêta-kérosène !" - Bob Dagenais
Encore plus tard : "Je ne me rappelle de rien, je n'y étais pas." - Bob Dagenais
Une fois trop tard : "glurbluglouvioumdegzzzz" - Bob et nous tous (en choeur)
Encore plus tard : "Je ne me rappelle de rien, je n'y étais pas." - Bob Dagenais
Une fois trop tard : "glurbluglouvioumdegzzzz" - Bob et nous tous (en choeur)
Les murmures ont des oreillers
Un quêteux sur la Mont-Royal : "C'mon man, i'm'manque cinq piasses pour payer mon hypothèque !"
On n'a plus les sans-abri qu'on avait. J'ai eu envie de lui répondre : "Tu mendieras tant...", mais je lui ai quand même donné un dollar, pour l'originalité.
On n'a plus les sans-abri qu'on avait. J'ai eu envie de lui répondre : "Tu mendieras tant...", mais je lui ai quand même donné un dollar, pour l'originalité.
samedi, octobre 16, 2004
Promenade sur la Main
Le porno défile
mamelles en macramé
queues de plastique
chuintements liquides
fausses plaintes
Mais elle m'aime toujours
fidèle
ma main
mamelles en macramé
queues de plastique
chuintements liquides
fausses plaintes
Mais elle m'aime toujours
fidèle
ma main
Clin d'oeil
Le bonjour d'une petite culotte
vision dérobée à l'ennui
en imaginant le sourire des cuisses
sous l'interdit d'une jupe
L'extase du furtif
sur la terrasse d'été
coton humide et vent de fleur
je repars heureux
vision dérobée à l'ennui
en imaginant le sourire des cuisses
sous l'interdit d'une jupe
L'extase du furtif
sur la terrasse d'été
coton humide et vent de fleur
je repars heureux
Modingue
L'amour me sied à te râvir, même si je sais que l'union fêle à force.
Mais parfois, le temps fait bien les chauves.
Mais parfois, le temps fait bien les chauves.
vendredi, octobre 15, 2004
Comment j'ai appris la honte
Brossard, 1978 (j'ai huit ans), remise de trophées de la ville, tous sports confondus.
Fier comme un nouveau papa, j'attends qu'on me nomme pour monter sur l'estrade. Je suis le meilleur receveur de la ligue ! Je vais enfin pouvoir redorer mon blason. Faut dire, toutes les équipes de la ligue de baseball portaient des noms d'oiseaux, d'oiseaux féroces, imposant le respect. Les aigles, les faucons, les vautours, etc. Nous autres, un cave nous avait appelé les Oies. Les OIES de BROSSARD ! Tabar... Pas besoin de vous dire qu'on s'est fait écoeurer toute la saison. J'entends encore mon père scander "Allez les oies !" en s'étouffant de rire dans sa vingtième bière.
Les lauréats vont tour à tour chercher leur trophée, puis tout à coup le MC annonce que la soirée est terminée...Bravo les petits, clap clap clap. Stupeur ! je n'ai pas été nommé. Mon monde s'écroule. J'ai beau criailler, siffler, cacarder, je suis trop petit pour qu'on m'entende. Tais-t'oie, ricane mon père, avant de s'en mêler et d'aller voir les organisateurs. Il s'agit d'une erreur administrative : mon nom s'est perdu dans les listes. Manque de pot, il n'y a plus de trophée disponible. Touché par les pleurs d'un petit garçon, un gentil monsieur propose de me donner un des trophées non-réclamés. Je vais enfin l'avoir, le criss de ramasse-poussière. On me tend l'objet rédempteur : un trophée... de GOLF ! Honte...
Aujourd'hui, mince consolation : les Expos sont partis et il y a plein de beaux terrains de golf au Québec.
Parfois, quand j'écoute un match de sport professionnel, j'ai envie de crier "Allez les OIES !"
Mais je me retiens et entame ma vingtième bière...
Fier comme un nouveau papa, j'attends qu'on me nomme pour monter sur l'estrade. Je suis le meilleur receveur de la ligue ! Je vais enfin pouvoir redorer mon blason. Faut dire, toutes les équipes de la ligue de baseball portaient des noms d'oiseaux, d'oiseaux féroces, imposant le respect. Les aigles, les faucons, les vautours, etc. Nous autres, un cave nous avait appelé les Oies. Les OIES de BROSSARD ! Tabar... Pas besoin de vous dire qu'on s'est fait écoeurer toute la saison. J'entends encore mon père scander "Allez les oies !" en s'étouffant de rire dans sa vingtième bière.
Les lauréats vont tour à tour chercher leur trophée, puis tout à coup le MC annonce que la soirée est terminée...Bravo les petits, clap clap clap. Stupeur ! je n'ai pas été nommé. Mon monde s'écroule. J'ai beau criailler, siffler, cacarder, je suis trop petit pour qu'on m'entende. Tais-t'oie, ricane mon père, avant de s'en mêler et d'aller voir les organisateurs. Il s'agit d'une erreur administrative : mon nom s'est perdu dans les listes. Manque de pot, il n'y a plus de trophée disponible. Touché par les pleurs d'un petit garçon, un gentil monsieur propose de me donner un des trophées non-réclamés. Je vais enfin l'avoir, le criss de ramasse-poussière. On me tend l'objet rédempteur : un trophée... de GOLF ! Honte...
Aujourd'hui, mince consolation : les Expos sont partis et il y a plein de beaux terrains de golf au Québec.
Parfois, quand j'écoute un match de sport professionnel, j'ai envie de crier "Allez les OIES !"
Mais je me retiens et entame ma vingtième bière...
Messe dominicale
D.T. est excellent dans son rôle de F.D.R. à T.L.M.E.P. Dire que 2 millions de personnes savent de quoi je parle, c'est fou ! Et les 5 autres millions en auront entendu parler le lundi. On devrait inviter quelques souverainistes à l'émission, plutôt que de faire des articles dans la Presse...
Cadeau pour les initiés : T.T.A.T.T. et F.-YL.F.D.B.
Cadeau pour les initiés : T.T.A.T.T. et F.-YL.F.D.B.
jeudi, octobre 14, 2004
Je n'ai pas fini mon Bac (vous comprendrez pourquoi)
Au départ, je ne m'étais pas posé la question. Pas plus qu'à l'arrivée, d'ailleurs, puisqu'une tortue m'aurait de toute façon dépassé en chemin. Comme quoi lapin justifie les moyens.
Et vous aurez beau dire, je n'entendrai que vos mots. Je n'écoute qu'une personne et je ne la connais pas encore, c'est vous dire si je n'ai l'oreille musicale que dans la mesure où le son se rend sans demander grâce.
Puis, faire la sourde oreille, est-ce une façon de dire que le son gelé habite un pavillon d'hiver ? Qu'au printemps des mots la phrase reste sans sève ?
Je n'ai pas lu Mozart ni écouté Flaubert, ce qui ne m'empêche pas d'être inculte. C'est pourquoi je penserai à vous quand, au jour de ma mort, vous entonnerez un messe câline et hallucinante.
Il y aura des cupidons cupides venus pour reprendre les flêches éparpillées de leurs amours désabusés (voir la liste en annexe : des noms inconnus y figurent). Il y aura aussi des madonnes en pleurs pour bourgeonner leur tristesse aux soixante-neuf vents, et il y aura ceux qui voulaient me voir finir mon Bac. Regarder tout court leur aurait été trop long.
Qui a besoin d'un coeur si c'est pour le donner ?
Ah, si j'avais su, je ne serais jamais né si jeune. Vous comprendrez quand j'aurai votre âge.
Je ne demande pas beaucoup, seulement l'Univers. Ou bleu. Houblon
Vous voulez quand même comprendre ? Voilà une partie de la vérité :
Je m'en allais bonnement vers l'école de dressage quand un cambiste vint me faire part de ses actions, qu'il acheta et revendit à fort prix. Avec un paquet de chance, il se servit de cet argent pour s'acheter une bonne fortune. Manque de pot, il n'y avait plus de fleurs. Alors moi, tout surpris de ce qu'on puisse s'actionner sans bouger, je déviai de la route du savoir pour me diriger vers celle du palais de justice afin d'y déposer un grief à mon égard. Mais, malheureusement, je me suis égaré (en parallèle).
L'homme à son égard ment. Un espresso dans un corps sain.
Unis là tes râlements...
Et vous aurez beau dire, je n'entendrai que vos mots. Je n'écoute qu'une personne et je ne la connais pas encore, c'est vous dire si je n'ai l'oreille musicale que dans la mesure où le son se rend sans demander grâce.
Puis, faire la sourde oreille, est-ce une façon de dire que le son gelé habite un pavillon d'hiver ? Qu'au printemps des mots la phrase reste sans sève ?
Je n'ai pas lu Mozart ni écouté Flaubert, ce qui ne m'empêche pas d'être inculte. C'est pourquoi je penserai à vous quand, au jour de ma mort, vous entonnerez un messe câline et hallucinante.
Il y aura des cupidons cupides venus pour reprendre les flêches éparpillées de leurs amours désabusés (voir la liste en annexe : des noms inconnus y figurent). Il y aura aussi des madonnes en pleurs pour bourgeonner leur tristesse aux soixante-neuf vents, et il y aura ceux qui voulaient me voir finir mon Bac. Regarder tout court leur aurait été trop long.
Qui a besoin d'un coeur si c'est pour le donner ?
Ah, si j'avais su, je ne serais jamais né si jeune. Vous comprendrez quand j'aurai votre âge.
Je ne demande pas beaucoup, seulement l'Univers. Ou bleu. Houblon
Vous voulez quand même comprendre ? Voilà une partie de la vérité :
Je m'en allais bonnement vers l'école de dressage quand un cambiste vint me faire part de ses actions, qu'il acheta et revendit à fort prix. Avec un paquet de chance, il se servit de cet argent pour s'acheter une bonne fortune. Manque de pot, il n'y avait plus de fleurs. Alors moi, tout surpris de ce qu'on puisse s'actionner sans bouger, je déviai de la route du savoir pour me diriger vers celle du palais de justice afin d'y déposer un grief à mon égard. Mais, malheureusement, je me suis égaré (en parallèle).
L'homme à son égard ment. Un espresso dans un corps sain.
Unis là tes râlements...
Bouche bée
Évaporation des phylactères
aphone devant toi
comme passe un ange
en caressant ta joue
T'es belle
aphone devant toi
comme passe un ange
en caressant ta joue
T'es belle
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