mardi, avril 12, 2005

Mac ou PC?

Ce n'est pas l'inspiration qui manque. Je tente de vous envoyer des billets, mais je crois que mon matos est quelque peu vétuste. C'est loooooong!!! Ou bedon la popularité de Blogger alourdit la machine. Je crois néanmoins que je vais devoir bientôt changer d'ordi. Je retourne à Mac, plus cher mais moins vicieux côté virus (mais tout le monde voit des carrés blancs au lieux des accents), ou je me dote d'une bombe PC? Vos commentaires seront bien appréciés.

vendredi, avril 08, 2005

Modingue

Bizarre, manquer de plume quand l'amour donne des ailes.

On se revoit sous peu. Qui sait, à la prochaine chicane?

mardi, mars 29, 2005

Hein, quoi?

Dialogues de sourds :
Un glissement de terrain
Sous les pluies acides
Ou mâcher du sel
Dans le désert

Vas-y je t’écoute
Dit-elle en le coupant
Il baisse le ton
Pour étouffer un cri
Puis abdique…
Et l’égorge

Enfin le silence

jeudi, mars 24, 2005

Les mouches ont des oreilles

(Quelques heures avant de réciter du Goethe) : " C'est pas normal que j'aie mal à la tête comme ça. Je dois être due pour une bonne brosse. " – Diane L.

" La fois où j'ai eu l'air le plus fou (...) je sais pas comment j'ai fait mon compte, mais j'ai glissé et j'ai atterri la face dans le menton. " – Mathilde

mercredi, mars 23, 2005

Gagner, croûte que croûte

Texte publié dans le cadre du collectif Coïtus Impromptus, sans thème cette semaine mais avec comme contrainte qu'il devait commencer par : Déjà un trou, pourtant il était neuf (...)


Déjà un trou, pourtant il était Neufchâtel d'appellation, pur produit du lait cru de vache de la meilleure qualité. En principe, les trous n’auraient dû commencer à apparaître qu’au septième jour d’affinage. Pas même quatre de passés… Bizarre.

Quentin révisa sa recette par trois fois avant de se rendre à l’évidence : il ne gagnerait jamais le Grand concours fromager de la Seine-Maritime avec cette masse informe pleine d’air. Quoi faire? Pomper l’air, s’asseoir sur la meule quelques jours, injecter de l’hélium dans les trous pour au moins faire rire les enfants ? Hum… Il commençait à donner raison à l’adage, jurant dans sa barbe : « Y’a pas de quoi en faire un fromage, comme on dit. P’tain, j’aurais dû faire boucher ! Grrr… »

Tout dépité, sa briquette sous le bras, il partit demander conseil à la mairesse de Neufchâtel-en Bray, grande érudite en matière de çapue (qu’on affublait ici affectueusement du sobriquet de Vache-qui-rit). Malheur, l’élue déclarait absente, partie au champ recruter des érecteurs.

Sur le chemin du retour, il rencontra une chèvre esseulée qui pleurnichait en broutant.

– Je peux pleurer avec toi ? s’enquit-il auprès de la cornue . On sera moins seuls.
– Bêêê sûr. Mais, je ne pleure pas. J’ai simplement une mouche dans l’œil. Et puis j’ai les pis qui me font mal. Personne veut me traire ici-bas, sont tous occupés avec leurs vaches.
– Laisse-moi t’aider…

Il souffla doucement sur son œil, libérant la mouche, puis d’une main preste entreprit de la délester de son lait.

– Mon sauveur ! Que puis-je faire pour vous remercier ? En passant, on vous a déjà dit que vous aviez une fort jolie barbichette ?
– Euh… laisse-moi y réfléchir… la tienne n’est pas mal non plus… Viens, je t’emmène avec moi.


Cette année-là, un dénommé Quentin remporta le Grand concours fromager de la Seine-Maritime avec un fromage original, au goût extrêmement particulier. On en disait qu’il ne pouvait avoir été fait qu’avec le plus grand des amours.

Avec sa chèvre, il vécut heureux et ils eurent plein de petits.
(De petits fromages, s’entend, bande de pervers !)

dimanche, mars 20, 2005

Bruxisme

Avis public à toutes les caissières chez Jean Coutu :

Non, je n'ai pas la ##$%&$(!) de carte Air Miles !

Un point par dix-sept dollars d'achat, 15 000 points pour s'acheter un toaster...
Donc, 255 000 $ d'achat de papier-cul avant de pouvoir griller une toast...
Nous prennent vraiment pour des cons, ces cons !

vendredi, mars 18, 2005

Nostalgia

Dormir à la belle étoile
avec les moustiques, les rats et les scorpions
mais nous étions chez eux, en visite :
partage du territoire, ils nous ont laissé une petite place
dans l'immensité...



Corfu, Grèce, 1989

samedi, mars 12, 2005

Merci Félix !

Parce que les miens aussi ont beaucoup voyagé, parce que j'imagine que M. Leclerc ne parlait pas toujours comme un tronc d'arbre poétique (maudite série poche !), ainsi que pour le petit Félix nommé en l'honneur du maître, une 'tite photo qui en vaut mille, des mots...


Je les ai laissés là, gisant au pied d'un arbre d'Israël, eux qui m'avaient si bien porté ces mois précédents.

Morts de m'avoir permis de vivre. C'est vraiment la première fois que je remercie des souliers...

vendredi, mars 11, 2005

Solidarité

J’avais le visage doucement incrusté dans mon oreiller en poils pubiens de chamelle (moelleux là où ça fait mal !), quand un murmure étrange est venu me réveiller. D’abord le son d’un tambour, du type guerre de sécession ou «oyez, oyez», à roulements ragada ragada ; puis des voix, de plus en plus vives. Une procession de témoins de Jéhovah revendiquant le droit de travailler de nuit, me suis-je dis, ou le Cercle des Fermières en formation triangle pour contrer la hausse carrée du prix de la farine, qui sait ?

Osant un orteil hors du plumard, j’ai décidé d’en avoir le cœur net – j’ai vomi–, puis je me suis rapproché de la fenêtre afin de voir de quoi il en retournait. Vous l’aurez deviné, il s’agissait d’une manif estudiantine bien banale (et non bacchanale-auréat). C’était beau à voir, deux trois cents jeunes (à vue de nez et d’oreilles) heureux comme la promesse d’un futur meilleur, scandant l’éternel so-so-so, so-li-da-ri-té !

J’en étais à cet émoi nostalgique quand je l’ai vu tomber.
Un Asiatique (en sciences physiques ou de la santé, probablement) tout juste grand comme trois pommes du haut de ses vingt ans. Je ne sais trop comment il a fait son compte, mais toujours est-il qu’il s’est retrouvé Gros-Jean comme devant, cul par-dessus tête et la face dans la sloche. Et tout ce beau monde bien élevé de passer devant lui en riant, sans même faire le moindre geste pour l’aider à se sortir de la gadoue. Ravalant sa honte, il s’est relevé, reprenant le slogan du rassemblement : «So-so-so, so-do-mi-sez-moi !», ai-je cru entendre. Mais aurais-je rêvé ? L’accent, sûrement…

Comme quoi de nos jours, même dans la foule, l’accent est toujours sur l’individu.

mercredi, mars 09, 2005

Du rose au bleu

Texte publié dans le cadre du collectif Coïtus Impromptus
thème de la semaine : L'être et le néant


Institut Médico-légal de Montréal
9 mars 2005, 11 :57

Le coroner Holmes venait tout juste de terminer son sandwich quand l’inspecteur Watson fit irruption dans son bureau.
– Alors Doc, du nouveau ?
– Nope, jambon-fromage, comme d’hab.
– Je parle du bébé, pas de votre sandwich !
– Ah oui, le bébé… Suivez-moi.

Watson eut un frisson en le voyant sur la table de stainless trop grande. Il en avait vu des macchabs dans sa carrière mais, avec les bambins, c’était différent. Holmes entama sa litanie, avec cet air un peu perdu qu’ont les scientifiques, surtout ceux habitués à côtoyer les cadavres.

– J’ai bien l’impression qu’on vous l’a secoué, le petit. J’ai d’abord eu la puce à l’oreille à cause de ces ecchymoses en forme de mains au niveau du thorax. Quatre doigts de chaque côté des grands dorsaux, les pouces aux pectoraux. Puis ce cal osseux senti en palpation à la clavicule. Probablement une fracture récente qu’on verra aux rayons-x. Voyez aussi ces ecchymoses hémo-sidérotiques un peu partout sur le corps. Des bleus plus ou moins récents, si vous voulez. Et là, ces petits points rouges sur les paupières : des pétéchies palpébrales, comme si vous aviez éternué à vous en faire éclater les yeux. Puis une hyperhémie sous-conjonctivale m’a amené à faire une ophtalmoscopie qui a révélé une hémorragie rétinienne... Mais je vois que je vous perds. Bref, tout concorde : on l’aura secoué jusqu’à ce qu’il n’en meure. Élémentaire, mon cher... Je peux vous avoir le rapport pour demain. Ce soir il y a bridge chez les Simenon, vous en serez ?

– Hum...
L’inspecteur prit le chemin de la maison en se demandant avec quelle facilité on pouvait donner la vie et la reprendre. Ou l’odieux de jouer à Dieu. Il en était secoué et pourtant ce n’était pas lui qui était mort. Rendu à destination, il se versa un grand verre de lait au chocolat, puis alla s’affaler sur le divan, anéanti.

mercredi, février 16, 2005

Bruxisme à la Casa del Popolo

Ils auront eu beau dire, moi je n’ai rien compris.
Parce que, hélas, je n’ai rien entendu.

Pourquoi suis-je toujours le chanceux qui est assis à côté du vieux poète soûlon qui fait le clown au détriment de celui qui a eu l’audace de montrer ses couilles sur scène ? Je n’ai rien contre les soûlons, les poètes ou les vieux, mais la combinaison des trois, affichant son manque de respect en postillons de vinasse, me donne des envies assassines.
Toujours un comme ça dans un show qui veut le voler.
N’eût été de ce Boisvert, passe encore, mais quand c’est toute la salle qui s’est mise à jacasser, je me suis demandé ce que j’étais venu foutre là.
(Pas toute la salle, bien sûr, mais ça n’en prend pas beaucoup pour déranger l’ensemble.)
Sidérant, en plus, de penser que tout ce beau monde a un rapport de près ou de loin avec l’écriture.


En acouphènes
Les égos
Sans trique
De la fratrie fratricide

Donc, le show comme tel… euh… sais pas : pas vu, pas entendu.
Paraît que mes trois comparses d’hier traitent aujourd’hui du même sujet. (Dan, Pat, Cath) C’est confortant, je ne dois pas être fou.
La suite fut de loin plus heureuse. Ai rencontré les sympathiques Dame Mec et Breakwood, pour ne namedropper que ceux-là.
Bon, je vais me recoucher. Chaque frappe sur le clavier m’élance jusque dans la caboche.
Maudite Belle Gueule…
Faut que je sois en forme : ce soir, je vais voir, optimiste, un show de poésie...

jeudi, février 10, 2005

La leçon de morale


Il égorgea la pute en déchargeant dans son con
Une semaine à la regarder pourrir
Oh oui jouir du spectacle
De sa chair lambeaux et miasmes
Effilochée au fil rasoir du temps

Entre deux cafés il pensait
Au projet suivant, à l'aventure :

Violer des nonnes, de vieilles nonnes
En défrîcheur des croutes célestes
Puis de son Zippo – main de Dieu –
Allumer l'essence pour le dernier ballet
Qui les rendrait à Satan

Elle me regardait comme si je venais de la demander en mariage, l'œil vitreux, un mince filet de bave pris entre ses lèvres pétrifiées

" – Qu'en pensez-vous, sœur Berthe ? Les images sont fortes, hein ?

– Fortes de votre folie, oui... Mais le rapport avec le cours de morale, monsieur Lagreff ? On pense vraiment à ces horreurs à 15 ans ? J'avais demandé un court poème sur vos projets de carrière et ce que vous pourriez faire de bien pour améliorer le monde.

– Ben là, voyez-vous, c'est que j'aimerais bien écrire des bouquins. Horreur, policier, fantastique, je ne sais pas encore... Divertir les gens, c'est un plus dans le monde, non ?
Tuer des personnages pour faire vivre des héros, c'est pas d'aller à la guerre, tout de même !
Enfin, c'est pas comme si j'avais parlé de débander dans l'anus d'un enfant mort... "

Au début, pas de réaction. Probablement l'émotion de voir que j'étais un bon petit gars, après tout.
Puis ses lèvres se sont crispées. Un rictus, oui, c'est ça ; j'étais fier de connaître le mot. Elle a penché sa tête vers l'avant, ses lunettes ont glissé de son nez, tout en restant suspendues grâce à la chaînette d'or à son cou. On aurait dit une balançoire à moineaux. Ça s'est passé vite, en fait : ses mains ont agrippé sa poitrine et elle s'est affaissée d'un coup. Une roche dans l'eau. Plouf : la vieille est morte à mes pieds.

C'était la première fois que mon écriture touchait quelqu'un.
J'étais content.

mercredi, février 09, 2005

Plateauzoaire Anonyme

Coming-out :
Oui, je suis bien mal parti dans la vie, je vous jure : natif de Brossard, je me suis exilé à Mourial, trop apeuré à l'idée de ressembler à mes parents ou à un ersatz moins drôle des protagonistes des Voisins, experts dans l'art typiquement banlieusard de ne rien dire en plusieurs mots. (Ouf, mes racines me rattrapent.) Mal m'en pris : j'ai atterri sur le Plateau. Savais pas moi que le quartier perdrait sa saveur populiste pour devenir populaire et donc critiqué et caricaturé, comme tout ce qui fait bon chic bon genre. Comprenez-moi, je ne réfute pas la caricature, elle est saine et justifiée. Je suis le premier à voir que le quartier a changé en 15 ans, que la frénésie d'y habiter depuis 5 ans est démesurée. De la folie, en fait, mais est-ce que ça fait de tous ses habitants des fous ? Faudra-t-il que je m'exile encore de peur de faire partie d'un troupeau. À en croire le courant, on serait tous des poules pas de tête picorant sur la Mont-Royal en se congratulant mutuellement de notre allégeance plateauzoïde.

C'est décidé, demain je déménage à Outremont.
Tant qu'à être pauvre chez les riches...

samedi, février 05, 2005

Si je vous ai bien compris...

" Je suis une vraie femme : j'ai une grosse sacoche ! "

– Brigitte Caron

vendredi, février 04, 2005

Message d'intérêt pudique

Désolé Bertrand, tu ne liras pas tout de suite " Les aventures du crâneur ".
Laisse-moi avaler la pilule. La digestion est plus lente après un épisode du genre.
Demande à n'importe qui au B., on se fera un plaisir de te mettre au parfum.
En attendant, voici à peu près ce à quoi je ressemblais. (Les cernes, c'était le lendemain.)



maquillage : Chloé Lefebvre

jeudi, février 03, 2005

Tout allait bien pourtant

Oui, tout allait bien pourtant : j'allais écrire aujourd'hui.
Je sais pas pour vous, mais moi ça me rend de bonne humeur.
Même si (encore plus quand) le sujet est triste.
Février ne m'atteint pas ; je vis de nuit. Alors, que les journées allongent ou raccourcissent, peu m'en chaut.
Puis j'ai eu le malheur/bonheur d'aller faire un tour dans votre cour, mes chéri(e)s. Que ce soit cette histoire si triste de cet accident si con ou vos chicanes avec l'hiver, le blues m'a aggrippé et me suce la moelle depuis. De ces blues tapis qui se pointent la frimousse pour rien, juste pour faire chier. Un veau...

Me suis dit : fuck le blogue ! y'a pas que ça dans la vie... Même que la vie doit presque être marrante sans torture. Elle a souvent le mérite qu'on s'y attarde.

Pour changer d'état, suis allé prendre une petite marche – eh oui, j'ai bravé le soleil !
Petite, ouf... En fait, j'ai traversé la rue pour me rendre au vidéo. Y ai loué quatre films poches pour me dérider, du type comédie romantique prévisible. Des feel-good movies, comme disent les Vietnamiens. Ben coudonc, un veau encore...

Afin de me transformer en vache qui rit, une valeur sure : je me suis proposé le dernier San-A.
Pas de réussite ici : les gags tombaient à plat, et puis Patrice Dard ne possède pas la poésie qu'avait parfois son père. Aucune, donc, de ces perles qui sortent de la boue.

J'ai alors plutôt opté pour l'excellent Visages de l'affolement, de Jean-Philippe Bergeron. Ben là, aide-toi le veau : c'est trop bien écrit pour ne pas chiâler.

Moi qui ne voulais pas faire de l'exhibitionnisme sentimental en ligne, c'est râpé pour cette fois.

Pour bien faire, histoire de saigner le veau, me resterait plus qu'à aller me coucher en écoutant Cité Rock-Matante.

Bon, j'imagine que je vais déjà mieux.
J'ai écris aujourd'hui.
Mais c'est crier que j'aurais dû.


vendredi, janvier 28, 2005

Dans mes petits souliers

CNN – Tsunami – la vague d’infos nous submerge

Ne rien apprendre mais en être informé

Pas même un hoquet
En mangeant mon Kraft Dinner Deluxe
Extra poudre

Et pourtant parfois l’épiphanie :
« Maudit pourri, allume ! »
Fâcheuse impression : vivre mais ceux-là meurent
Sans le mériter
Ni eux ni moi

***

Avoir un vrai job je serais
Inspecteur gouverne-mental
L’invité de Monsieur le Directeur
Du pénitencier
« A-1, bravo, excellentes conditions. »
Sourires entendus ; je touche ma prime

Retour à la maison
J’enlève mes souliers en cuir italien
Impossibles à casser
De toute façon marcher ? je ne vais nulle part
Je ne fais que monter – l’achat du Paradis
Par la peau des gens

Bobonne me suce mais
Il ne me quitte pas ce frisson
Ce rire entendu
Dans le couloir de la mort


dimanche, janvier 23, 2005

Igloo igloo igloo – il est des nôôôtres...

Après quatre-vingt-seize heures de service ininterrompu, le calorifère cesse de ronchonner. Fait assez notable pour que j'ouvre un œil et me dise : " Tiens, il doit faire beau. Enfin ! " Ma phrase à peine finie, il recommence sa litanie. Pour un autre quatre jours ? Fuck.

Mais heureusement, le thermomètre de l'appart. indique à nouveau positif.
Non sans avoir envoyé avant un orteil en éclaireur, je peux penser à m'extirper du lit, enlever ma tuque et mon condom (mesure de précaution : les extrémités gèlent en premier). Hop, à la douche ! En me déshabillant, je retrouve le courage des mes ancêtres cro-magnons, dont je me surprends à envier la pilosité. Disons que je ne ferais pas une pub de Speedo en ce moment. Ni de Wonderbra, remarque, mais ça c'est une autre histoire...

Gremele... rougoudou... frubrougrbplutch. Kessé ça ? Les robinets du bain sont ouverts, mais je n'entends qu'un long borborygme : l'eau ne coule pas. Pas même un filet. Les &%$##** de tuyaus sont encore gelés, encore, encore, encore. Re-fuck.
Suis déjà deux jours en retard, moi, là – le 21 du mois, c'est mon jour de douche... Je vais tout expliquer ce soir à ma date, elle va comprendre, tsé. Pfff...

Les murs sont bourgogne et orange brûlé (les goûts ne se discutent pas), mais c'est tout de même un criss d'igloo à 1000 $ par mois.
L'épisode des Bougon sur le " cachet " du Plateau était vraiment excellent. Trop.

Je pense que je vais finalement aller sonner chez mon inconnue de l'autre jour (voir le texte précédent). Pas pour baiser, mais pour emprunter sa douche. Quoique, on verra bien après...

Si je ne chante pas, j'ai des chances.


jeudi, janvier 20, 2005

Attention, je vous regarde...

Je suis de nature plus spectateur qu’acteur. Voyeur, même. C’est pourquoi j’aime me promener le soir, après le coucher du soleil, avant que les gens ne prennent conscience qu’ils exposent leur intimité au premier venu, avant que ne se referment les rideaux et volets anti-violeurs. Comme ça en passant, regarder dans les maisons, ne serait-ce que pour les idées de déco ou capter en un instant la vie des habitants de mon quartier. Je n’ai qu’une seule règle : ne pas arrêter, quelle que soit la scène croquée. Des flashs de vie, ni plus ni moins.
Flash : Une vieille dame flattant son chat ; pas si seule que ça, finalement. (Je vous vois venir, tordus, vous auriez mieux aimé la jeune fille flattant sa chatte, hein ?)
Flash : Un jeune couple qui prépare le souper en se donnant le bisou des grandes complicités – ceux-là je sais qu’ils auront des enfants.
Flash : Une femme le bras tendu et la bouche ouverte, une vitre qui m’épargne les cris, et en dehors du cadre : l’homme qui attend la fin de l’orage pour s’excuser, encore…
Flash : Gordon qui vroummmmm… ; je n’ai rien vu, il est passé trop vite.
Flash : La pisseuse qui n’a pas fermé la porte de la salle de bain et qui du même coup, se sentant épiée, tourne la tête et me fixe. Deux chevreuils pris dans les phares de la surprise.
Flash : Un boutonneux à l’ordi, l’écran trop tourné vers la fenêtre pour que je ne sache pas qu’effectivement, il est excellent ce site…
Flash : Vous avez compris le principe.

C’est comme ça qu’un soir, en faisant ma petite promenade de digestion Kraftdinnerienne, j’ai presque dérogé à ma règle. Elle n’a fait que passer d’une pièce à une autre, probablement pour aller se changer. Camisole et petites culottes, un corps à damner un saint. Je n’ai pas vraiment vu son visage – l’instantanéité ne propose pas le détail –, mais je sais qu’elle était belle.
Mon pas s’est ralenti, mon pied a hésité… revenir en arrière ? Pourquoi pas, une seule fois, aller sonner chez elle et lui dire bonnement : " Bonjour mademoiselle, je suis Lagreff, pour votre plaisir, et j’ai envie de faire l’amour avec vous. "
Dans un mauvais Bleu-Nuit (y en a-t-il des bons ?), elle aurait dit oui, je t’attendais, entre.

J’ai continué ma route, alors je ne saurai jamais. Mais le fantasme demeure et accompagne mon petit bonhomme de chemin.

La prochaine fois, je sonne ?

Masturbation

Il est une heure du mat. et je me sens seul.
Qui appeler ? Tant de rencontres, tant d’unions ; plein de numéros mais aucun à composer. Pas vraiment de désunions, que des mises au point : pas les mêmes horaires, pas la même soif. Les mêmes buts, oui, mais pas en même temps. Souvent le mot " même " en deux phrases, et pourtant la différence. Je ne pourrais t’aimer comme on aime vraiment, à deux. Il est tard, l’heure où tu te couches. Où idéalement je me coucherais avec toi, serais venu te rejoindre, au pire. Tu as une vraie vie, au sens normatif. Et ma norme est énorme d’énormités.
Tu que j’ai déjà connue, mais ne connaîtrai plus, car j’ai appris : à prendre celles à prendre dans l’instant, passionnément, enivré du moment, au jour le jour – plutôt de soir en matin. En attendant, je me surprends, sentimental, à t’écrire comme un con à une heure du mat.
L’espoir, donc.